Julie Allemand : « On a cru qu’on avait déjà la médaille autour du cou »

Julie Allemand ne mâche pas ses mots après la désillusion.
Dans le couloir de la salle berlinoise, les Cats avancent tête basse. Pas de bruit, pas de gestes brusques, juste cette atmosphère lourde qui suit les défaites qui comptent. La Belgique vient de concéder 93 points, de courir derrière le score pendant presque quarante minutes, et de voir son rêve de médaille s’éteindre d’un coup. Le contraste est brutal. L’Allemagne a joué juste, fort, avec une réussite insolente. La Belgique, elle, n’a jamais trouvé son rythme, jamais imposé son jeu, jamais allumé l’étincelle qui aurait pu renverser la soirée. Et dans les mots de Julie Allemand, on entend autant la frustration que la lucidité.
Julie, à quel point cette élimination est-elle une déception ?
C’est une déception. On parlait de médaille, et aujourd’hui on n’est pas dans le top 4 mais dans le top 8. Depuis le début du tournoi, je disais que le match le plus important, c’était le quart de finale. On a beau faire un 3 sur 3 en phase de groupe, on a cru qu’on avait déjà la médaille autour du cou. Aujourd’hui, on a eu une grande Allemagne et une petite Belgique : une équipe prête, face à une équipe qui pensait qu’elle ferait la différence à un moment ou à un autre. Maintenant, il faudra apprendre. Les victoires, il faut aller les chercher. Elles ne tombent pas toutes seules, surtout quand la Belgique grandit et que toutes les équipes nous attendent. L’Allemagne n’allait pas nous offrir le match. Elles ont eu une grande réussite, nous très peu… mais surtout, à un moment donné, elles en avaient plus envie que nous.
Le groupe était-il trop confiant ?
Oui, trop confiant. C’est bien d’avoir de la confiance, mais là c’était de la surconfiance. On pensait qu’à un moment donné on allait revenir, sauf que ce moment n’est jamais arrivé. À chaque tentative, on prenait un panier ou on perdait une balle. Je me rappelle d’un temps mort à cinq minutes de la fin, à –12. Je dis aux filles : « On l’a fait contre l’Espagne, on peut le faire! » Mais il manquait quelque chose aujourd’hui. Avec leur réussite depuis le début du match, et un peu les arbitres aussi… tout mis ensemble, je pense que c’était écrit pour l’Allemagne. Elles l’ont mérité. Et aujourd’hui, on n’avait pas notre place dans le top 4.
« Le groupe venait pour une médaille, on sort en quart. Pour moi, oui, c’est un échec. »
Julie Allemand
Qu’est-ce qui a été le plus dur ?
Tout, honnêtement. Leur efficacité nous a empêchées de mettre du rythme, parce qu’elles marquaient beaucoup. En défense, elles sont grandes, athlétiques, elles nous ont empêchées de jouer notre jeu. Du coup, on se regardait jouer du 1 contre 1. Ce n’était pas du beau basket. Notre défense était nulle, elle leur donnait des paniers faciles. Aujourd’hui, c’est vraiment un tout.
Un problème d’efficacité, de choix ?
Oui, et surtout de défense. 93 points, c’est beaucoup trop. À tous les niveaux, la Belgique a été trop petite aujourd’hui. Si tu veux une médaille, tu ne peux pas te satisfaire du minimum. Et on s’est satisfait du minimum.
Le tournoi est-il un échec ?
Le groupe venait pour une médaille. On sort en quart. Pour moi, oui, c’est un échec. Avec la Belgique qu’on a aujourd’hui, avec ce qu’on construit depuis quelques années, on ne peut pas se satisfaire d’un top 8. On visait toutes le top 4. Le quart de finale était le match le plus important. On s’est focalisé sur les trois premiers matchs… et le quart, on n’y était pas. Donc oui, c’est un échec.
Comment le groupe doit-il gérer cette déception ?
On va prendre du temps, analyser, et j’espère qu’on va comprendre que les médailles, il faut aller les chercher. Elles ne vont pas nous tomber autour du cou comme ça. Même quand tu démarres mal, tu peux revenir. Mais aujourd’hui, il n’y a jamais eu de vraie réaction : ni des filles sur le terrain, ni du banc, ni du staff. J’inclus tout le monde. On n’a rien tenté, rien fait. Et ce n’est pas assez.
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