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#Inside : Sur le banc du Brussels lors du Circus Game

BNXT League – Nous avons suivi le match entre le Brussels et Alost à l’ING Arena (ex-Palais 12) au cœur du club : sur le banc et dans les vestiaires. Récit.
#Inside : Sur le banc du Brussels lors du Circus Game

Reportage sur le banc du Brussels

Crédit photo : BeBasket

Samedi fin d’après-midi. Le soleil que tout le monde attend depuis des mois est enfin de sortie. Les étendues d’herbe près du Palais 12 sont envahies, les touristes prennent en photo l’Atomium tandis que des odeurs de barbecue émanent de l’arrière de certaines maisons proches de la station Roi Baudouin. Deux heures trente avant le coup d’envoi du match entre le Brussels et Alost, on ne voit pas encore de maillots rouges ou bleus. Mais c’est de l’autre côté que se trouve l’entrée des artistes, juste après le Parking C, chaussée romaine. Le rendez-vous, comme à tous les joueurs et au staff est donné à 18h. Sur le chemin menant au parking, Terry Deroover débarque en voiture. « Ah tu suis le match avec nous sur le banc ? Cool ça ! », dit le joueur, très décontracté.

Un vestiaire d’artistes, pas de joueurs
L’entrée backstage permet d’accéder au vestiaire, ou de nombreux joueurs sont déjà là, près d’un quart d’heure avant l’heure du rassemblement. Vestiaire ? Pas comme on peut l’imaginer quand on fait du sport. On est dans un vestiaire d’une salle de spectacle, qui n’a pas forcément vocation à accueillir une douzaine de joueurs professionnels. Il y a de grands fauteuils en cuir à gauche à droite, quelques chaises d’appoint. L’ambiance est décontractée, chaleureuse. Ça se tape dans les mains, ça rigole, ça se chambre aussi. Brandon Horvath et Jordan Harris, presque inséparables, parlent basket NCAA et regardent des actions sur leur smartphone. Jared Ambrose et Godwin Tshimanga se marrent, Thomas Hanquiez lance une anecdote… jusqu’au moment où il voit notre caméra qui filme la scène.

Dans l’autre pièce, le coach Serge Crevecoeur et son assistant Randy Oveneke peaufinent encore quelques détails stratégiques et des points du discours d’avant-match. Avant de se préparer réellement à la rencontre, il y a d’abord une visite dans l’espace VIP. On fait des petits signes, on fait un high-five, on claque une bise. Certains joueurs sont clairement plus à l’aise que d’autres. Ce passage ne dure heureusement que quelques minutes.

De retour aux vestiaires, on commence à se préparer pour l’échauffement et on découvre le nouveau maillot, spécialement créé pour l’occasion. Terry Deroover est l’un des premiers à l’enfiler, il le trouve pas mal mais « il n’est pas un peu long ? », demande-t-il à ses coéquipiers, qui acquiescent. Chaque joueur s’habille à son rythme et part s’échauffer. Certains pas assez vite au goût d’Alex Libert qui lance notamment à destination de Jared Ambrose et Douglas Ntesa : « Dites les jeunes, vous n’iriez pas vous échauffer là ? ». Un ton mi-sérieux mi-rigolard qui fait mouche auprès des joueurs qui s’exécutent.

Des soins… et toujours un peu de chambrage
Avant l’échauffement, on fait également quelques soins. Le kiné a déjà notamment emballé les chevilles de Douglas Ntesa et Yannick Desiron. Terry Deroover est assis au sol avec les bottes Normatec de pressothérapie tandis que Desiron se masse les mollets et cuisses avec un massage gun. « Les bottes permettent de faire un retour veineux, soit en récupération après-match soit avant pour avoir les jambes plus légères », nous dit le kiné Philippe Toussaint. « Cela compresse petit à petit et a les mêmes effets qu’un massage. Même chose pour le massage gun, cela permet de relâcher les muscles, la saison commence à être longue, ce sont des petits extras pour mieux performer sur le terrain. C’est aussi un petit rituel pour les joueurs ». Avec ces appareils, plus forcément besoin de passer sur la table de massage entre les mains du kiné non plus. « Ouais, ça t’arrange en fait, t’as même plus de travail à faire en fait », rétorquent les joueurs.

Le vestiaire se vide petit à petit, reste uniquement les « anciens » Desiron, Libert et Deroover. Jordan Harris est aussi dans son coin, écoutant sa musique, toujours en tenue de ville. L’intérieur belge a un petit peu mal à la tête et il demande au kiné quelque chose. 2g pour Desiron pour soulager son maux de tête. « 2g ? » dit Terry Deroover. « T’as vu la bête aussi ? Faut une dose de cheval hein », lui répond Libert, tout sourire.

« Allez au combat »
L’échauffement et les shoots d’avant-match se déroulent de manière décontractée, tout en étant sérieux, sous de vieux sons de rap (Wu-Tang, Snoop…) diffusée dans la salle par le DJ. Musique que n’entend pas Brandon Horvath, le casque vissé sur la tête tout au long de sa séance d’échauffement. Jelani Watson-Gayle et Thomas Hanquiez sont eux assis sur le banc en tenue de ville. Le meneur de jeu anglais a vu sa saison terminée alors que l’intérieur français se remet encore d’une blessure au genou. Pas besoin de leur demander s’ils sont envie de monter sur le terrain, cela se lit sur leur visage. Après une grosse demi-heure à son rythme, sous l’œil vigilant de Serge Crevecoeur et Randy Oveneke sur le banc, tout le monde retrouve le vestiaire une dernière fois, pour le discours du coach.

Au centre de la pièce, Serge Crevecoeur s’adresse à ses joueurs, devant un énorme portrait de Mick Jagger en concert, avec quelques mots-clés : communication, énergie et combat. « Nous devons créer notre propre énergie. Les gars sur le banc, le staff, les gars sur le terrain. Tout le monde doit crier, parler, encourager », lance l’entraineur. « On commence en zone en défense, vous savez à quel point l’agressivité est importante, à quel point on doit annoncer les switchs, clairement et fort, sans hésitation. Nous devons communiquer ». Tous les joueurs sont concentrés sur ce que dit leur coach. « On joue à la maison, le public est là pour nous. (…). Je veux gagner ce match en défense, tout le monde doit savoir ça. On ne marque pas un point de plus, ce sont eux qui marquent un point de moins. La défense fait gagner le match aujourd’hui ».

L’intensité du discours augmente, la concentration des joueurs aussi. « On doit aller au combat. Je m’en fiche que vous ratiez des shoots. C’est l’attitude qui compte, l’agressivité, c’est ça qui compte ». La voix du coach s’élève. « Allez au combat. Tout le monde ». Elle s’élève encore un peu : « Allez au combat, LET’S GO ! ». Les joueurs se lèvent et tout le monde se rassemble. Serge Crevecoeur a encore quelques mots : « C’est une grande opportunité, c’est un gros match. On doit gagner. Combattez et profitez ». One Team, Brussels ! Les joueurs sortent du vestiaire et se dirigent vers le terrain.

Tout le monde s’encourage
Les mots du coach ont fait mouche. Dès le premier panier marqué par Yannick Desiron, tout le banc se lève pour le féliciter, Ambrose et Tshimanga étant peut-être les plus bruyants sur ce coup. On encourage aussi ses coéquipiers comme quand Brandon Horvath lâche un airball à trois points en début de rencontre. « Come on Brandon », entend-on du banc. Sur le bord du terrain, Serge Crevecoeur fait les 100 pas, distillant quelques consignes à ses joueurs sur le parquet, écoutant ce que Randy Oveneke lui soumet ou discutant avec un arbitre, parfois calmement, parfois avec véhémence. Il faut toujours vite réagir, être attentif à la moindre chose. Quelque chose ne va pas ? Temps-mort ! Le coach est satisfait de la défense en zone mais rappelle quelques consignes et propose des ajustements pour contrer les drives des Okapis, qui font mal aux Bruxellois. On remonte sur le terrain et on se donne à fond. Le temps passe très vite quand on est sur le banc, c’est déjà la mi-temps, bouclée sur le score de 46 à 37.

La pause dans le vestiaire est aussi l’occasion d’affiner la stratégie. Secret professionnel oblige, nous ne pouvons vous dévoiler ce qui a été dit ni diffuser nos vidéos à ces moments-là. Face à ce qu’Alost a mis en place face à la défense du Brussels, le staff ne veut pas donner les clés de leurs ajustements face à leurs futurs adversaires. Surtout quand une place en playoffs va sans doute se jouer à une victoire ou deux près.

« Il faut tuer le match »
Sur le parquet, le Brussels semble avoir le match en main… mais pas complètement. Il y a aussi de l’incompréhension quand Louis Hazard se fait presque découper par Siebe Ledegen. Pas de faute flagrante ? Malgré les nombreuses mains sur le banc qui font le signe de la faute anti-sportive, il n’en sera rien. Tout le monde est étonné… mais ne peut rien y faire. Le score continue lui de faire le yoyo, ce qui énerve Alex Libert quand il retourne sur le banc après un échange qui semblait un peu tendu avec l’un des arbitres. « On peut tuer le match, putain », dit-il à Serge Crevecoeur à 62-54 en début de quatrième quart-temps. Il jette même sa gourde sous les panneaux LED qui séparent le banc du terrain. Malgré de bonnes défenses, les 2-3 possessions suivantes échoueront. « Il faut tuer le match ! », répète encore Libert assis juste à côté de nous. Le tir primé de Tito Casero fera du mal, mais le putback de Jordan Harris à 66-57 fait exploser le banc. Lors d’un nouveau temps-mort, Serge Crevecoeur demande de continuer en défense mais de garder la tête froide en attaque : « Stay cool in offense ». La faute offensive de Yannick Desiron, très sévère, fera aussi lever quelques yeux. Il faut tuer le match disait Alex Libert ? C’est ce qu’il fera avec un 3pts et 2 lancers-francs pour définitivement le faire. A 4 secondes du terme (75-71), le shoot à 3pts de Casero est un airball. Le banc se lève, Serge Crevecoeur hurle littéralement et laisse exploser sa joie « Yes, YEESSS, for god’s sake, come on guys ! ».

La communion avec le public et dans le vestiaire
Les célébrations peuvent commencer. Tout le monde monte sur le terrain et fait face à la grande tribune accueillant la plupart des supporters. Un clapping est rapidement improvisé et pas forcément bien exécuté, mais tout le monde passe un bon moment et c’est le plus important. Quelques joueurs, dont Alex Libert, meilleur marqueur avec 26 points, se prête au jeu des interviews avec la presse tandis que les autres saluent le public, signent quelques autographes et se font prendre en photo. L’ambiance est encore plus décontractée, on traine même plus que d’habitude sur le terrain. Pas pratique pour Thomas Crab, le coach d’Alost qui attend déjà pour la conférence de presse. Quelques questions lui seront rapidement posées en aparté avant qu’il ne puisse prendre la route du retour.

Dans le vestiaire, tous les visages sont bien évidemment heureux, on se tape dans les mains, on s’applaudit. Serge Crevecoeur commence alors son discours d’après-match : « C’est marrant parce que je vous avais dit d’aller au combat ». Combat, combat, combat… résonnent dans le vestiaire par les joueurs, qui ricanent presque. « Mais quel putain de combat ! », crie le coach. Tout le monde applaudit. « Bravo à vous, vous méritez, nous méritons cette victoire. Il reste quatre matchs, si nous avons cette mentalité, cette équipe va en playoffs. Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais faites-le encore. Revenez avec ce même état d’esprit, à chaque match ». Quelques murmures et gestes se dirigent alors vers Alex Libert, meilleur joueur du match. « Alex ? Même match ? », demande Crevecoeur. « Cela n’arrive pas chaque semaine les gars, quelqu’un d’autre doit le faire », répond le meneur de jeu. « Vous avez montré le visage, fantastique, que nous voulons avoir. Je n’ose pas dire le mot : identity ». Le mot « identity » résonne aussi. Pourquoi ? « Car je ne le prononce pas bien, ils se moquent de moi ». Avant de terminer, le coach donnera deux jours de repos (et pas 3 comme a essayé Libert) mais ce sera soft ce mercredi : une séance de shoots car il faut bien shooter pour le match de dimanche à Yoast. Tout le monde hurle à nouveau, et se rassemble : « next Sunday, go back to work. One team, BRUSSELS ! ».


La pression retombe, le calme remonte. Les joueurs partent à la douche, le coaching staff se retire dans le deuxième vestiaire pour se changer. On décompresse, on se félicite encore une dernière fois. C’est le moment de profiter, de retrouver les siens par la suite, et de prendre un petit verre bien mérité à l’espace VIP. Même s’il n’y a pas eu de barbecue, la soirée était réussie.

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