Wemby et les autres : plongée dans les coulisses et les travées des NBA Paris Games

La longue silhouette de Victor Wembanyama, à l’attaque de l’anneau
« Bonsoir Paris« . C’est par ces deux petits mots que Victor Wembanyama, MC et Showman du jour, s’est adressé à la foule de l’Accor Arena lors de la première rencontre des NBA Paris Games. Le public a bien évidemment explosé, tout comme il avait hurlé lors de son apparition sur l’écran géant pendant l’hymne national. Tout le monde est là pour Wemby, on aurait presque pu renommer l’événement les NBA Wemby Games. Et cela a commencé avant même le match.
Plus de 250 journalistes à l’entrainement
De mémoire, on n’avait jamais vu autant de journalistes accrédités lors d’un NBA Paris Game. Il faut dire que les précédentes éditions n’étaient pas des plus sexys. En 2020, pour la première, ce sont les Bucks de Giannis Antetokounmpo face aux Hornets d’un Nicolas Batum dont le passage à Charlotte sera vite oublié. En 2023 post-covid ? Chicago-Detroit. 2024 ? Brooklyn-Cleveland. Bref, autre chose qu’un retour de Victor Wembanyama à Paris, quelques mois après la finale des JO. Avant d’avoir accès aux entrainements, tous les journalistes font le pied de grue. Devant nous, George Eddy et Xavier Vaution discutent en allant vers le terrain : « Il y a 28 ans, je courais après Michael Jordan. Maintenant c’est Victor », dit le premier avec son accent si caractéristique. « Oh moi je ne cours plus », lui répond le commentateur de BeIN Sports. Pourtant, près de 250 journalistes se pressent au bord du terrain pour voir la fin de l’entrainement des Spurs. Des oppositions, des courses, des petits matchs, même à l’entrainement, le niveau supérieur saute aux yeux, surtout pour ceux qui sont moins habitués à suivre la NBA au jour le jour.
Oui, il y a quelques médias présents pour l'entraînement des Spurs. pic.twitter.com/ETY7H3iRry
— Yann Casseville (@Kasvilovic) January 22, 2025
En conférence de presse, c’est la première rencontre avec Wemby mais aussi son coach et ses coéquipiers. Quatre questions sur cinq tournent autour de la jeune star française. La salle est pleine à craquer et tout le monde n’aura pas l’occasion de poser sa question. « Comment arrêter Wemby, comment l’avez-vous vu évoluer, comment le voyez-vous encore évoluer, quel type de joueur est-il.. ». Des questions posées directement à son entraineur ou ses coéquipiers, comme Chris Paul par exemple, mais aussi aux joueurs d’Indiana ! Il y a tout de même beaucoup moins de monde lors de la conférence et l’entrainement des Pacers quelques temps plus tard. Tout le monde tape son article ou monte ses images, avec toujours Victor Wembanyama à la Une.
Peu de présence en rue
Paris étant tellement étendue, on ne croise pas de hordes de supporters dans les rues, si ce n’est un bonnet Spurs Fiesta par-ci, et un pull Wembanyama par-là. Dans tous les cas, les fans des Pacers sont en sous-nombre et même si officiellement, Indiana accueille San Antonio lors du premier match, c’est loin d’être le cas dans les faits. Il est compliqué de trouver un fan avec une casquette de la franchise d’Indianapolis. Et même quand c’est le cas avec Philippe, 45 ans, qui vient de banlieue, c’est un peu différent. « C’est plus un souvenir, j’ai les deux casquettes, moi je suis fan de NBA en général. Je viens là pour voir un beau match, pas une purge. Je veux du bon niveau ». C’est la troisième fois qu’il vient voir un match à l’Accor Arena, faisant juste l’impasse l’année dernière. « Quand tu es Français, que tu as accès à Bercy, c’est pratique. Ce n’est pas le même délire que de traverser l’Atlantique. Et même si les places sont très chères ici, c’est toujours moins que d’aller à New York par exemple ». Philippe ne voulait pas voir une purge, mais l’écart a été conséquent après un troisième quart maitrisé par la bande à Victor Wembanyama (136-98). Difficile pour Sébastien, 29 ans, avec un maillot des Pacers sur le dos. « C’était dur sur la fin », rigole-t-il. « Les Pacers étaient censés être à domicile ici mais cela n’a pas été le cas, et on s’y attendait. Mais j’ai vu plus de jaune que ce que je pensais. Avec Wemby, toute la France allait être derrière lui. Et il a fait un match incroyable (NDLR : 30 points, 11 rebonds, 6 passes décisives, 1 interception et 5 contres) ». Pour lui, c’était une première : « Cela fait vachement plaisir même si j’aurais préféré la victoire. Ca fait quelque chose, j’ai tout donné pour avoir une place pour ce match, c’était compliqué et très cher : plus de 500 euros, même si j’étais bien mis. Pour ça aussi, que je suis un peu déçu de la défaite. Et vu le prix, je ne reviens pas samedi ! ».

Difficile de dire non aux enfants !
Pour ceux qui n’avaient pas les moyens ou qui n’ont pas eu la possibilité d’avoir des places, il y avait la NBA House, dans le centre de Paris. Comme Amélie, accompagnée de ses trois enfants Bilal, Amin et Nahil : « C’est une superbe idée car les enfants s’amusent. C’est une opportunité de découvrir l’ambiance de la NBA puisqu’on ne pouvait pas aller aux matchs. C’est un gros budget, et les places à prix raisonnable partent trop vite ». Une expérience dédiée aux fans avec de nombreuses animations, un playground, des concours de dunks et le passage de stars tout au long de la semaine. Les petits comme les grands s’amusent, et c’est l’occasion d’aller à la rencontre de la NBA… mais aussi des sponsors. Carte de crédit, compagnie aérienne, marque de montre… tout le monde fait en sorte d’entrer dans la tête de futurs consommateurs. Et bien évidemment, il y a la boutique. Les maillots de Wemby sont à plus de 100 euros et les enfants regardent leur maman avec espoir. « C’est un peu dur de dire non, ce n’est pas facile. Mais on n’a pas les moyens de se le permettre », continue Amélie. Car trois maillots, un t-shirt et pourquoi pas une tasse, la facture peut vite dépasser les 400 euros. C’est beaucoup moins problématique pour Bob, 71 ans, un Américain à la retraite venu spécialement de l’Indiana avec sa femme pour les NBA Paris Games. « C’est une bonne occasion de venir dans la capitale française, surtout pour de la NBA. Et pourtant, on était justement en vacances à Paris début janvier. C’est un sacré budget mais hey, je suis retraité maintenant, pourquoi pas ? « . Après la grosse défaite du premier match, il espère que les Pacers se reprennent, à condition de contenir « ce fameux joueur ». Encore une fois, tout tourne autour de Wemby.

Plus d’ambiance au deuxième match
Sur les réseaux, l’ambiance de la première rencontre avait été vivement critiquée. Si elle n’a pas été folle, elle méritait moins de moqueries, surtout dans le contexte d’un NBA Paris Game. Car c’était la première fois que le public était attiré par l’une des équipes, et un joueur en particulier, et pas seulement par le fait que la NBA arrive à Paris. L’atmosphère lors de Chicago-Detroit, ainsi que le niveau des équipes, faisait peine à voir en 2022. Toujours est-il que le mot a été donné, semble-t-il, à l’organisation et au MC ou que le public a lu les critiques. La foule a joué le jeu, même si les Spurs se sont cette fois effondrés (140-110), Wemby semblant marquer le coup après une semaine remplie de sollicitations (JT de TF1, match du PSG, défilé Louis Vuitton…). Dans tous les cas, les sourires étaient de mise dans les travées, que l’on soit fan des Pacers ou des Spurs, que l’on ait acheté des maillots, que ce soit une première ou pas. La NBA, critiquée ou pas, a attiré du monde pour deux matchs NBA à Paris et a fait connaitre sa marque encore et toujours auprès d’un public conquis ou curieux. Le mot de la fin sera laissé à Victor Wembanyama (qui d’autre ?) en conférence de presse, comme dernier intervenant. « Cette semaine a été incroyable. Je n’essaie pas d’être émotionnel, mais merci à tous ceux qui ont travaillé et rendu ça possible, à vous aussi les gars (NDLR : les journalistes), merci, de permettre à notre sport de grandir. Cette semaine, c’est une bonne piqûre de rappel que le public français est bien avec nous ». Le géant français peut retourner à San Antonio et retrouver une vie un peu plus « normale » qu’à Paris. Avant un retour l’année prochaine ? Adam Silver, grand patron de la NBA, a laissé planer le doute, surtout après une question d’un journaliste allemand demandant si des matchs pourraient être organisés en Allemagne. « On y travaille ».
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