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Julie Allemand : « On doit être confiantes et croire en nous »

Equipes nationales - Les Belgian Cats affrontent la Turquie ce vendredi (17h30) pour lancer leur Coupe du Monde. Une rencontre que les Cats doivent aborder avec confiance selon Julie Allemand.
Julie Allemand : « On doit être confiantes et croire en nous »
Crédit photo : fiba.basketball

Les Belgian Cats affrontent la Turquie ce vendredi (17h30) pour lancer leur Coupe du Monde. Pour son troisième Mondial, Julie Allemand souhaite que son équipe aborde ce premier rendez-vous avec confiance face à un pays qu’elle connaît très bien.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant le début de la compétition ?

Focus. On sait que la préparation a été courte avec tout le cinq de base, donc voilà, on est focus. On a eu deux entraînements vraiment pour préparer la Turquie et je pense qu’on est prêtes. Aujourd’hui (jeudi, ndlr.), on a un bon sentiment après ces entraînements parce que c’était mieux. L’énergie était plus positive, l’intensité était meilleure et on se retrouvait plus facilement sur le terrain. Donc je pense que ça a fait du bien à tout le monde. Cela commence ce vendredi. Il faut qu’on soit confiantes et qu’on croie en nous.

Avec ce match face à la Turquie, vous allez retrouver plusieurs joueuses que vous côtoyez quotidiennement, notamment au Fenerbahçe. Comment abordez-vous ce match particulier ?

C’est cool, on s’est déjà vues dans l’hôtel, on se taquine un petit peu. C’est particulier parce que ce sont des filles contre lesquelles tu t’entraînes tous les jours et que tu vas maintenant affronter. Je crois que c’est la première fois depuis que je joue à Fenerbahçe qu’on va jouer contre la Turquie. On a envie de montrer que si on est dans un club comme le Fener, ce n’est pas pour rien. On a envie de montrer que la Belgique, c’est un cran au-dessus. Je pense que toutes les filles qui ont déjà joué en Turquie cette saison ou les saisons précédentes ont encore un peu plus envie de jouer contre elles. Ça va être un match intéressant, un bon premier match et un bon premier test. C’est une équipe qui peut se dire qu’elle n’a rien à perdre contre la Belgique. À nous maintenant de montrer notre statut dès le premier match.

Il y a une énorme communauté turque à Berlin. Il risque donc d’y avoir beaucoup de supporters turcs et une grosse ambiance. Comment vivez-vous cela ?

Je préfère avoir une salle remplie qu’une salle vide. Je pense aussi qu’on aura nos supporters belges. L’Allemagne, c’est à côté de la Belgique, donc je pense que les fans des Cats seront là aussi. Et tant mieux s’il y a des supporters turcs, je sais à quel point ils sont fous, j’ai l’habitude.  Je pense que ça va être cool et qu’au moins, il y aura une bonne ambiance.

On sait qu’il est très important de terminer en tête de poule. L’entrée en matière est donc particulièrement importante.

Oui, parce que si tu te plantes contre la Turquie, tu as deux matchs après pour espérer terminer première et ça rend les choses plus compliquées. C’est pour ça que tous les matchs sont importants. C’est vraiment important de faire un 3 sur 3. Et encore plus quand tu sais que le troisième match, tu le joues contre l’Australie, que tu joues la veille à 17 heures et que tu les affrontes à 11 heures. On sait que ce n’est pas évident.

C’est pour ça que le premier match, il faut le prendre, le deuxième aussi, et j’espère même pouvoir faire tourner pour être encore assez fraîche pour le troisième match. Mais je n’ai pas envie de me projeter. J’ai envie d’être focus sur la Turquie parce que ça ne va pas être facile.

Comment avez-vous géré votre transition entre les États-Unis et votre arrivée en Europe ?

Très, très difficile. C’est un challenge que je n’imaginais pas, peut-être l’un des plus durs que j’ai eu à relever depuis quelques années. Les neuf heures de décalage n’ont vraiment pas été faciles, d’autant plus que j’étais sur la Côte ouest. J’ai aussi eu un problème avec mon trajet : j’étais à New York et j’ai dû y revenir alors que j’étais en train de voler vers la Belgique, donc j’ai eu du retard. J’ai également eu une commotion, qu’il ne faut pas oublier. J’ai joué directement avec l’équipe nationale, mais je n’étais pas à 100 %. Il y a aussi eu une première nuit à l’hôtel où, avec Antonia, on a eu un problème d’eau qui coulait à 3 heures du matin. Pour le jetlag, ça n’a vraiment pas été facile. Je pense que c’est seulement maintenant qu’on commence à avoir de bonnes nuits. On est parties tôt le matin le mardi, donc tous les matins on était réveillées tôt et il y avait toujours quelque chose. Ça a vraiment été dur. Mais maintenant, on est là, on est à l’endroit où on doit être et ça commence ce vendredi.  J’ai envie de mettre tout ça de côté. Il y a eu beaucoup de frustrations individuelles, mais je n’ai pas le choix. J’essaie vraiment d’être professionnelle, de faire le maximum en récupération, de bien manger et de dormir le plus possible pour être prête pour le match. Maintenant, je suis avec l’équipe nationale. Ça n’a pas été un mois facile avec Toronto, avec beaucoup de déplacements : on était 25 jours, je pense, à l’extérieur sur le mois d’août. Mais maintenant, il faut tourner la page. Une nouvelle compétition commence avec l’équipe nationale, qui est l’équipe avec laquelle j’aime jouer.

« Tant mieux s’il y a des supporters turcs, je sais à quel point ils sont fous, j’ai l’habitude »

Julie Allemand

Si vous comparez cette équipe à celle de l’Euro avant de démarrer la compétition l’année passée, sentez-vous une évolution ?

C’est difficile à dire parce que j’ai eu quoi, trois entraînements et deux matchs. Tout le monde a des niveaux de forme différents. Il y a des filles comme moi qui ont beaucoup joué en WNBA, des filles comme Kyara Linskens et Antonia Delaere qui n’ont pas beaucoup joué et qui ont besoin de retrouver leur rythme, et des filles qui ont eu une préparation depuis 2-3 semaines. Tout le monde a des rythmes différents, donc ce n’est pas facile. C’est pour ça que les entraînements ont été très importants. J’étais un peu frustrée après l’entraînement de mercredi parce que je trouvais que l’énergie n’était pas assez présente. Jeudi, c’était beaucoup mieux. Je pense donc que tout le monde repart avec un sentiment un peu plus positif. C’est bien et c’est important parce qu’on est une équipe qui fonctionne beaucoup sur l’énergie. C’est difficile de comparer, mais je sais qu’en tout cas chaque personne va donner le maximum.

Quelles seront les clés du match contre la Turquie ?

Je pense qu’il faudra être agressives, ne pas les laisser rentrer dans leur match et ne pas leur donner de choses faciles. C’est comme ça qu’elles vont trouver leur confiance. C’est vraiment une équipe qui va exploiter les cadeaux que tu lui donnes. Il faudra donc être directes dans le match et leur rendre les choses difficiles tout de suite, parce qu’elles auront alors du mal à revenir. Le premier quart-temps sera très important. Il faudra ne pas leur laisser d’espoir, être focus sur nous et développer notre rythme de jeu. Je pense qu’elles ne peuvent pas nous tenir si on joue sur notre rythme.

Comment jugez-vous le fait que certains pays, comme la Turquie, puissent naturaliser assez facilement des joueuses, notamment américaines ?

J’ai envie de dire que, d’un côté, c’est dégueulasse. Mais après, je trouve que c’est une fierté encore plus grande pour la Belgique de se dire que nous, on n’a pas ça. On n’a même pas ça. Nous, on est deux fois championnes d’Europe et on n’a même pas une naturalisée. Donc, quand on nous parle d’autres équipes, j’ai envie de dire : tant mieux pour elles, elles sont plus fortes comme ça. Mais c’est aussi parce que leur nationalité n’est pas capable d’avoir une équipe qui va gagner des titres. C’est ce que j’ai envie de dire. Il faut être honnête, je trouve que ce n’est pas correct. Maintenant, voilà, c’est comme ça, ce sont les règles et il faut simplement les respecter. C’est sûr que pour elles, ça change tout, surtout qu’elles peuvent choisir leur profil. En Turquie, l’année passée, c’était Teaira McCowan et maintenant, même pas en deux mois, je pense qu’elles ont obtenu le passeport. Ici, en Belgique, je me rappelle qu’on avait essayé avec Céleste Trahan-Davis. Je pense qu’elle avait joué cinq ans en Belgique et ce n’était même pas suffisant, ça ne passait pas. Voilà, c’est comme ça. Moi, je trouve que justement, ça nous rend encore plus fières de se dire que nous, on l’a fait avec notre groupe, avec uniquement des Belges.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Meneur
Taille: 173 cm
Âge: 30 ans (07/07/1996)

Nationalités:

logo bel.jpg
Stats 2026-2027 / WNBA
PTS
6,3
#105
REB
3,1
#79
PD
5,6
#10
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