Manu Lecomte: « La March Madness? C’est une religion aux Etats-Unis! »

Ce vendredi, Aubin Gateretse et Stephan Swenson vont découvrir la March Madness. Un événement qui n’a jamais si bien porté son nom tant il semble indescriptible au pays de l’Oncle Sam. Oubliez les Finals NBA. Ce qu’il se passe en ce mois de mars dans les universités américaines est bien plus impressionnant. L’effervescence dépasse tout entendement. Et pour tenter de comprendre cela, qui de mieux que Manu Lecomte pour nous dresser un portrait de cette folie? Pour rappel, le meneur des Belgian Lions, actuellement en revalidation après une déchirure du tendon d’Achille, y a pris part, avec un certain succès, lorsqu’il évoluait pour le compte de l’université de Baylor. Découverte.
Manu, avant de commencer, pour les novices, la March Madness, c’est quoi ?
C’est tout simplement l’un des tournois les plus regardés aux Etats-Unis, tous sports confondus. Pour comprendre le déroulement, en NCAA, il y a plusieurs dizaines de conférences au sein desquels les universités sont réparties. A la fin de la saison, le vainqueur de chaque conférence est automatiquement qualifié pour la March Madness qui réunit donc les meilleures équipes. Après, il faut également savoir que certaines conférences sont plus huppées que d’autres et que dès lors, il peut y avoir plusieurs universités qualifiées pour le tournoi au sein d’une même conférence. Dans ce cas-là, ce sont des experts et des analystes qui opèrent ces choix.
Et même cette sélection par les experts fait recette…
On appelle cela le « Selection Sunday » et c’est même télévisé. Pour vous donner une idée: ESPN se rend au sein de certaines universités qui pourraient être sélectionnées afin de filmer leur réaction lors de l’annonce.
« On m’a demandé de prendre un selfie avec moi, à 9h du matin, alors que je me promenais tranquillement sur le campus. »
Manu Lecomte, quand il jouait à l’université de Baylor
Et plus concrètement, comment cela se passe au sein des universités ? Quelle est l’ambiance ?
C’est de la folie. Aux Etats-Unis, les gens préfèrent regarder la March Madness que les Finals NBA par exemple. Et même les professeurs sont impliqués. Certains ne donnent plus cours. La March Madness, c’est une religion là-bas. Ce n’est pas comparable à ce que l’on peut retrouver en Europe. Pour dire: même les grands-mères connaissent le nom de tous les joueurs qui y participent.
Est-ce que tu te souviens de moments un peu spéciaux que tu as vécus ?
Je me rappelle qu’un matin, il devait être 9h, je me promenais tranquillement sur le campus. J’allais à mon cours et puis, des gens m’ont arrêté pour prendre des selfies avec moi. Dans l’auditoire, je me souviens aussi que le professeur avait arrêté son cours pour me féliciter, devant tout le monde, pour notre victoire. D’ailleurs, les professeurs voyagent avec nous en avion pour continuer de nous donner cours pendant la March Madness.
Quels souvenirs gardes-tu de cette expérience?
Que du positif. On a été jusqu’au Sweet 16 et on a joué au Madison Square Garden de New York où on a perdu contre une équipe qui s’est qualifiée pour le Final Four. Je n’ai vraiment aucun regret.

Est-ce que les jeunes étudiants sont préparés pendant l’année pour cet événement?
C’est vrai que la March Madness, c’est un événement hyper médiatique. Il y a des conférences de presse tout le temps, que ce soit avant ou après les entrainements. Mais on nous y prépare. En début d’année, nous avons des cours de « médias » pour apprendre à parler devant une caméra ou même pour éviter de répondre à certaines questions pièges des journalistes.
Est-ce que la March Madness peut changer une carrière?
La March Madness, c’est peut-être le plus gros tournant de la carrière d’un universitaire. Si avec ton équipe, tu arrives à faire un bon parcours et qu’individuellement, tu es au top, tu peux passer d’un joueur non-drafté à un premier tour de draft.
« Je vais mettre Stetson au Final Four sur mon bracket. »
Manu Lecomte, premier supporter de Swenson et Gateretse
Cette année, Aubin Gateretse et Stephan Swenson vont y participer pour la première fois avec l’université de Stetson. Que peux-tu nous dire sur ces deux Belges?
Stephan, je le connais un peu. En dehors des terrains, c’est un super gars avec une mentalité au top. Je me suis toujours bien entendu avec lui. C’est un meneur créateur qui fait bien jouer son équipe et qui délivre beaucoup d’assists. C’est un super leader sur le parquet. Et l’exploit qu’est en train de réaliser Stetson (NdlR: première qualification de l’histoire de l’université pour la March Madness), c’est en très grande partie grâce à lui qui est le leader de ce groupe. Je n’ose même pas imaginer l’ambiance qu’il doit y avoir sur le campus. Ca doit être de la folie. Quant à Aubin, je ne le connais pas beaucoup mais ce qu’il fait est aussi très intéressant.
Si tu devais leur donner un conseil, ce serait quoi ?
De profiter un maximum de ce moment car rien ne garantit qu’ils seront encore de la partie l’année prochaine. De s’amuser le plus possible et de donner tout ce qu’ils ont en stock. La March Madness, ça se joue sur un match à élimination donc on n’a pas le temps de réfléchir ni de se mettre en rythme. Il faut être prêt. Et surtout: se dire que tout est possible. (NdlR: Stetson affrontera UConn, équipe classée première en NCAA cette saison). Tous les ans, il y a des surprises. Ce n’est pas parce qu’ils font partie d’une petite équipe qu’ils n’ont aucune chance d’aller au Final Four. Il y a toujours ce que l’on appelle une « Cinderella » dans la compétition, à savoir une équipe surprise, et j’espère sincèrement que cette année, ce sera Stetson. Personne ne les attend et c’est un gros point positif pour eux. Les grosses universités vont peut-être les sous-estimer et d’ailleurs, sur mon bracket, je vais jouer Stetson au Final Four.
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