Mike Thibault : « La pression est un privilège »

A 24 heures du quart de finale face à l’Allemagne, le sélectionneur Mike Thibault s’est présenté face à la presse belge et allemande. Entre pression, clés du match et analyse des Allemandes, le coach américain a répondu à toutes les questions.
Coach, vous avez regardé le match de l’Allemagne contre la Corée du Sud mardi soir ?
On a déjà vu l’Allemagne plusieurs fois, on les a scoutés, mais je pense que les deux équipes se connaissent très bien maintenant.
Qu’avez-vous appris d’elles hier ?
Si j’avais appris quelque chose, je ne vous le dirais pas (sourire).
Quelles sont les chances de la Belgique en quarts de finale face à l’Allemagne ?
Je ne regarde pas cela comme ça, aucun coach ne le fait. Vous allez sur le terrain et vous jouez votre jeu. Vous analysez le jeu de l’autre équipe, vous jouez sur vos forces, et vous essayez de forcer l’équipe adverse à faire d’autres choses. C’est comme cela que ça fonctionne, vous essayez de provoquer leurs faiblesses. Et de votre côté, vous essayez de jouer le plus possible sur vos forces. Et nous savons qui nous sommes, et nous essayons de garder cette identité.
Vous pensez que le groupe est prêt ?
Oui, je pense. Enfin, je veux dire, si elles ne le sont pas, je ne sais pas quoi dire d’autre; Si tu n’es pas excitée de jouer un match pour une médaille, tu ne devrais peut-être même pas jouer. Je crois que le jour off nous a aidés mentalement et physiquement. Mais ça demande aussi de revenir et de se remettre dedans. On a encore une séance demain (NDLR : jeudi, jour du match) pour travailler encore quelques petites choses et être prêts pour le match.
Vous l’avez déjà dit, c’est un nouveau tournoi qui commence maintenant. Une victoire, on se bat pour une médaille, une défaite, on rentre à la maison. L’approche est-elle différente ?
Je ne pense pas qu’il devrait y avoir un mindset différent. Tu devrais essayer de jouer à ton meilleur niveau. Nous savons tous que certaines équipes ont été accusées de manipuler leurs matchs selon le tableau où elles tomberaient. Je n’ai jamais cru à ça, car tu dois jouer ton meilleur basket à chaque match et espérer s’améliorer à chaque match.
Cela a été le cas ?
Je pense qu’on a été meilleurs à chaque match de poule. Mais on doit encore être meilleurs dans l’exécution de notre attaque, dans la communication en défense. On ne peut pas se permettre de rater des possessions. Une des choses dont on a parlé avant le match contre l’Australie, c’était de jouer l’action suivante. Tu n’as pas d’influence sur ce qui vient de se passer. Ton état d’esprit doit être de penser au play suivant et de rester concentrés. Voilà notre approche.
« Si j’ai appris quelque chose du match de l’Allemagne ? Je ne vous le dirais pas »
Mike Thibault, coach des Belgian Cats
Est-ce qu’il y a plus de pression parce que c’est un match à élimination directe ?
Il y a toujours de la pression quand tu joues. Mais évidemment, tu la sens un peu plus en sachant que si tu perds, tu rentres à la maison. Mais c’est pareil pour chaque équipe, donc je ne vois pas cela différemment. A propos de la pression, il y a une bonne citation de Billie Jean King, ancienne joueuse de tennis : ‘La pression est un privilège’. Si tu en es là aujourd’hui, tu dois être ravi de la situation actuelle, et tu sais que le monde du basket a les yeux rivés sur toi. Cela devrait te réjouir. Toutes les jeunes joueuses rêvent de participer à ce genre de match.
Quelles seront les clés du match face à l’Allemagne ?
Premièrement, vous savez comme moi que l’Allemagne est une équipe avec de la taille, et très physique, et nous allons devoir tenir bon au rebond. Et même si elles sont grandes, elles ont aussi des joueuses au poste qui peuvent shooter. Quand elles jouent bien, elles marquent à 3pts. Quand ce n’est pas le cas, c’est difficile pour elles parfois. Donc, on va devoir contrôler le jeu intérieur, mais être capable de sortir aussi. Elles ont beaucoup de shooteuses dans leur équipe.
Les Cats shootent assez bien à trois points, à 38%. C’est une arme qui sera encore utilisée ?
On va continuer à faire ce qu’on fait bien et encore l’améliorer. Quand je suis arrivé à la tête de l’équipe il y a 18 mois, une des premières choses que j’ai dites, c’est qu’elles étaient considérées comme une équipe de shooteuses mais on ne shootait pas si bien il y a deux ans. On s’est fortement améliorés, nous sommes une des meilleures équipes au shoot (NDLR : 49,2% à 2pts) et on espère que cela continuera contre l’Allemagne ce jeudi.
A quel point les deux jours de repos ont-ils été importants ?
Les joueuses ont eu un jour de repos. Il était important après un back-to-back avec un match très disputé et compétitif. Cela a fait du bien aux joueuses de se changer les idées pendant quelques heures et de déconnecter mentalement pendant une journée.
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