Preview du quart de finale : la Belgian Touch face à la Mannschaft

Premières de leur groupe, les Belgian Cats ont validé leur ticket pour les quarts sans passer par le barrage, avec un jour de repos précieux dans un tournoi où le rythme est infernal. Leur victoire de prestige contre l’Australie a confirmé une équipe sûre de ses forces, capable de varier les défenses, d’imposer son tempo et de répondre physiquement aux meilleures nations du monde. Cette “Belgian Touch”, mélange de discipline, de créativité offensive et de lecture collective, est devenue une signature : la Belgique arrive avec une dynamique forte et un statut assumé. Et pourtant, malgré cette montée en puissance, tout le monde le sait : le vrai tournoi commence maintenant. Les marges se resserrent, les détails prennent une importance démesurée, et chaque possession peut basculer un match. Pour les Cats, la première marche de ce sprint final sera tout sauf anodine : l’hôte de cette Coupe du Monde, l’Allemagne, portée par son public, par sa confiance retrouvée et par une montée en puissance qui ne trompe pas.
Le parcours allemand : une progression constante
L’Allemagne arrive en quart avec une dynamique clairement ascendante. Après une défaite d’ouverture contre l’Espagne dans le groupe A, la sélection allemande a rapidement réagi en enchaînant deux victoires convaincantes face au Japon puis au Mali. Ce premier tour a montré une équipe capable de monter en intensité au fil du tournoi, plus disciplinée, plus collective, et surtout plus agressive dans les duels intérieurs. Le groupe a gagné en confiance au fil des matchs, jusqu’à se présenter comme l’une des équipes les plus solides de la deuxième partie de tableau.
Le barrage contre la Corée du Sud a confirmé cette montée en puissance. L’Allemagne a largement dominé la rencontre (94‑56), avec une prestation très complète : une réussite au rendez-vous (63%), une circulation de balle fluide où chaque joueuse a distribué au moins une passe décisive, et une présence intérieure difficile à contenir.
Forces : puissance, variété et discipline
Les forces allemandes reposent sur un mélange de puissance et de variété. La domination intérieure de Marie Guelich (1m94), la mobilité de Nyara Sabally, la capacité de Leonie Fiebich, aussi grande que Guelich (1m93), à créer dans les petits espaces et un collectif très discipliné forment un ensemble cohérent, capable de punir la moindre erreur adverse. Le tout sans oublier l’adresse de Frieda Buhner. L’Allemagne tourne autour des 80 points de moyenne sur ses trois derniers matchs, avec une adresse extérieure en hausse et une capacité à imposer un tempo physique. À cela s’ajoute un facteur non négligeable : l’environnement. Jouer à Berlin, dans une salle acquise à la cause allemande, offre un supplément d’énergie dans les moments chauds.
Frieda Buhner (Allemagne (F)) - Leonie Fiebich (Allemagne (F)) · Coupe du Monde Féminine 2026-2027
| Frieda Buhner | Leonie Fiebich | |
|---|---|---|
| MJ | 4 | 4 |
| PTS | 15,3 | 8,3 |
| REB | 4,3 | 8,8 |
| PD | 1,8 | 4,5 |
| IN | 0,3 | 1 |
| CO | 0 | 1 |
Faiblesses : irrégularité extérieure et gestion des runs adverses
Si l’Allemagne progresse, elle reste une équipe dont le jeu ne repose pas sur l’adresse extérieure. La Mannschaft utilise peu le tir à longue distance et n’en fait pas son arme principale : elle n’a dépassé les 30 % à trois points qu’une seule fois, contre le Mali, et tourne généralement en dessous de ce seuil. Cela ne traduit pas une irrégularité, mais bien une identité offensive centrée sur la puissance intérieure et les drives. Le danger, c’est que cette faible volumétrie rend leurs tirs extérieurs difficiles à anticiper : quand l’Allemagne commence à sanctionner, elle devient soudainement beaucoup plus compliquée à défendre. La gestion des runs adverses reste également un point d’attention : face à l’Espagne, elle avait encaissé un 15‑2 en début de match, et même dans ses victoires, elle concède parfois des séquences où elle perd le contrôle du rythme. Enfin, la rotation est plus courte que celle de la Belgique, ce qui peut peser dans un quart de finale disputé à haute intensité.
Un duel à l’avantage des Cats
Les Belgian Cats et l’Allemagne se connaissent bien, et leurs confrontations récentes racontent une histoire claire. Aux Jeux olympiques de Paris, l’Allemagne avait surpris la Belgique en phase de poules, un revers qui avait marqué les esprits. Un an plus tard, les Cats avaient pris leur revanche en quarts de l’EuroBasket 2025, sur la route du titre continental. Depuis, les dynamiques se sont croisées à plusieurs reprises. Sur les dix dernières confrontations, la Belgique a d’ailleurs remporté huit duels, confirmant une tendance lourde : les Cats ont souvent eu la main sur ce match‑up, même si la Mannschaft reste capable de frapper fort quand elle impose son rythme.
Pour la Belgique, l’enjeu sera de contenir la puissance intérieure allemande, de gérer une équipe en pleine confiance et de composer avec une ambiance qui ne lui sera pas favorable. Mais les Cats disposent d’un avantage important : un jour complet de repos, une dynamique forte, et une maîtrise collective qui peut faire la différence. Leur capacité à varier les défenses, à imposer du rythme et à sanctionner les moments de flottement allemands pourrait être déterminante. Il faudra en tout cas un match maitrisé pour atteindre le dernier carré de la compétition…






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