Castors Braine, 10 ans d’une finale historique: un rêve brisé mais des coeurs conquis

26 mars 2015. Une date qui restera à jamais gravée dans l’histoire du basket féminin belge. Devant 6.500 spectateurs au Dôme de Charleroi, les Castors Braine reçoivent les Françaises de Villeneuve-d’Ascq pour ce qui est la première finale européenne d’un club belge au niveau féminin et qui débouchera malheureusement sur une défaite. 10 ans plus tard, BeBasket Belgium vous propose de revenir sur cet événement historique en plusieurs épisodes. Ce mercredi, on ouvre la boîte à souvenirs de cette finale dans le camp brainois.
Le printemps arrive et toute la Belgique du basket est en ébullition. Pour la première fois depuis Mons en 2008 chez les messieurs, un club belge va disputer une finale européenne, une grande première au niveau féminin. Tous les yeux sont donc rivés vers les Castors et leur duel à Villeneuve-d’Ascq après un parcours de rêve jusqu’en finale. Un choc qui pourrait presque s’apparenter à un derby vu la proximité géographique du club situé dans la banlieue de Lille. Une rencontre particulière avec la présence d’Ann Wauters, légende du basket belge, dans un effectif français dirigé par un certain Fred Dusart, désormais entraîneur de Braine.
« Peu importe l’adversaire, on aurait fait le plein. On était au centre de l’attention médiatique, même si c’était peut-être un peu exagéré« , estime Jacques Platieau, le président des Castors. « La demande des tickets pour jouer à Braine a explosé en 5 minutes. Il a alors fallu trouver une alternative.«
La salle André Renauld ne répondant pas aux exigences de l’organisation d’une finale européenne, Braine est contraint de quitter son nid pour le match le plus important de son histoire. “Nous avons eu des discussions avec Brussels Expo, Forest National et Charleroi qui s’est avéré être la meilleure solution”, ajoute l’homme fort du club. Encore connu sous le nom de Spiroudôme, l’antre carolo est alors rebaptisé “Castorsdôme” pour cet événement historique.
Mais avant de penser à ce match à Charleroi, il y a d’abord un match aller à négocier et les protégées d’Ainars Zvirgzdins le font à merveille. Dans un Palacium chauffé à blanc, les Castors quittent le nord de la France avec une victoire de quatre points (64-68). De quoi voir l’engouement encore monter d’un cran et le rêve de soulever la coupe devenir de plus en plus réel.
Les 6.500 tickets trouvent logiquement preneur mais malgré une ambiance alors jamais vue pour un match de basket féminin, le rêve tourne au cauchemar. Villeneuve-d’Ascq maîtrise les débats pour s’imposer de 20 points (53-73). “Nous faisons un très bon match à l’aller mais, au retour, nous n’avons pas réussi à faire déjouer leur défense. Elles ont très bien contrôlé le pick-n-roll en fermant la raquette et, sans vouloir leur jeter la pierre, nos ailières n’ont pas eu leur rendement habituel au tir”, note Patrick Muylaert, alors assistant de Zvirgzdins.
Avec le recul, l’engouement et la pression de la victoire à l’aller auront probablement été trop lourds à porter pour les épaules des Brainoises. “Après la victoire au match aller, tout le monde nous voyait gagner et cela nous a desservi. Nous avons perdu de l’influx nerveux et de la concentration. Une heure avant le match, il y avait des caméras partout et on a été dépassé par tout ça. J’en discute souvent avec Fred Dusart (désormais coach de Braine, ndlr.) et il a utilisé cela comme motivation pour son équipe”, juge Jacques Platieau.
“Cela a probablement joué un rôle mais il y aurait eu la même pression si nous avions joué à Braine”, rétorque Patrick Muylaert. “Cela fait partie du sport de haut niveau et Villeneuve l’a peut-être mieux géré. C’est tactiquement que nous n’avons pas réussi à faire la différence. Nous n’avons peut-être pas réussi à apporter quelque chose depuis le banc. Avec le recul, je pense aussi que le match aurait été différent si nous avions perdu à l’aller. Nous aurions été dans la peau de l’outsider alors que la victoire nous a mis encore plus de pression.”
S’il n’y a pas eu de victoire sur le terrain, le club et les joueuses en ont décroché en dehors en touchant des milliers de personnes, bien au-delà du monde de basket. “Je me souviens que les partis politiques se sont battus pour offrir le ballon du match. Une heure avant le coup d’envoi, on nous a appelé pour dire que Charles Michel, qui était alors Premier ministre, venait assister au match. Nous avons été reçu au Palais royal par le Prince Philippe. Je me souviendrai toujours de Marjorie Carpréaux qui avait oublié le protocole pour lui demander un selfie. Cela reste un souvenir extraordinaire. On a marqué l’histoire mais c’est juste dommage de ne pas avoir pu soulever ce trophée.”, se souvient le président brainois.
Une campagne qui aura évidemment aussi eu un impact sur le club dans son ensemble. “Cela a accéléré la professionnalisation du club et nous a placé défintivement sur la carte du basket européen. Par la suite, nous avons joué l’Euroleague pendant quatre ans. Nous sommes connus partout et sommes toujours apprécié. Cette réputation nous permet encore aujourd’hui d’attirer des joueuses de qualité”, conclut Jacques Platieau.
Il y a 10 ans, les Castors ont donc touché les étoiles en attendant de pouvoir un jour, qui-sait, décrocher la lune.
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