Laurent François (Cats U18) : « Je suis partagé, car on a deux fois l’occasion d’accrocher une médaille »

Laurent François, sélectionneur des U18 du jour au lendemain…
Quatrième de l’EuroBasket U18, les Young Cats ont frôlé la médaille deux fois de suite, perdant en demi-finale contre la Finlande (77-69) et le match pour la 3e place face à la France (72-47). Le sélectionneur Laurent François fait le point sur la compétition. Et ce n’était pas forcément lui qui était censé le faire…
Un remplacement du jour au lendemain
Car l’EuroBasket U18 féminin, Laurent François n’était pas censé y participer aussi activement. Tout a changé avec le départ de Fred Dusart pour la Chine à quelques semaines de la compétition. L’entraineur français a quitté les Castors de Braine mais aussi la sélection des U18. Laurent François l’a donc remplacé au pied levé. « Il fallait trouver quelqu’un proche de l’équipe et j’avais assisté aux entrainements en tant qu’assistant High Performance Manager ». Un départ qui chamboule forcément tout. « L’offre pour Fred était impossible à refuser mais on était deux semaines et demie avant le championnat, avec que des matchs à jouer et presque aucun entrainement. Mais personne dans les joueuses, le staff ou la fédération n’a regretté le départ de Fred ». Le travail et l’adaptation sont importants, d’autant qu’il fallait gérer les arrivées tardives de Jada Lynch, Zhen Verburgt et Laura Vilcinskas. « On a aussi cru que Jocelyn Faison allait intégrer l’équipe, mais finalement non ». Dans ce contexte, les objectifs étaient différents : « Le sentiment général, c’était qu’on allait essayer de donner le plus de positivité aux filles pour qu’elles se sentent bien, qu’elles prennent match par match et performent. On a commencé la phase de poules avec beaucoup d’interrogation sur nos adversaires, mais aussi sur nous. Si on commence par deux défaites, la spirale négative peut vite arriver. Mais on commence bien avec 3 victoires ».
Un sentiment partagé
Les Young Cats continueront sur leur lancée et iront jusqu’en demi-finale avant de perdre contre la France. « On fait 5 victoires en 7 rencontres. Et à leur âge, on donne une expérience hyper intéressante aux joueuses, on leur donne deux matchs pour une médaille. Ce sont des rencontres importantes quand on est jeune. De l’autre côté, on perd ces deux matchs, les pires à perdre. Nous avons deux fois l’occasion de ramener une médaille, et en tant que coach et compétiteur, j’aurais voulu ramener quelque chose à la maison. Voilà pourquoi mon sentiment et le bilan sont partagés, mitigés pour moi. Je n’étais pas le plus heureux dans l’avion », continue le sélectionneur U18. A froid lors de notre interview, c’était déjà un peu différent : « Une 4e place dans un championnat d’Europe, l’un des plus relevés au monde, ce n’est pas si mal que ça. On bat la Hongrie, la Lettonie, le Portugal et Israël qui sont des nations pas si faciles à battre ».
Un jeu atypique et à risque
Ce qui a plu aussi à celui qui sera le nouvel entraineur de Basket Namur Capitale a aussi apprécié le jeu de ses joueuses. « On avait un style assez atypique, avec les qualités individuelles de chacun. Parfois, on avait l’air de cafouiller notre basket mais une des filles était à chaque fois capable de créer quelque chose. Il y a eu de belles séquences avec le ballon qui tourne pour trouver un shoot ouvert. Ce jeu collectif m’a beaucoup plu, tout comme l’énergie défensive ». Comme il le voulait, les U18 sont restées fidèles à la défense individuelle, pouvant matcher avec toutes les équipes, même les plus athlétiques comme la Pologne, grâce au mental et à l’envie des joueuses. « Il ne faut pas oublier que cela reste un apprentissage. On tente parfois des choses risquées. On doit l’accepter car ce sont des jeunes, et on va être plus compréhensifs qu’avec des adultes, pour qui ce serait inadmissible. Le match parfait n’existe pas, ce qui importe en tant que coach et formateur, c’est la façon dont les joueuses sont capables de se relever, de revenir au combat. Et je suis très satisfait à ce niveau ! »
Et maintenant ?
Quelle est la suite ? « On va d’abord laisser terminer les autres championnats et on va se réunir fin septembre pour évaluer tout cela. Il y a beaucoup de choses à débriefer, sur et en dehors du terrain ». Et personnellement, restera-t-il sélectionneur des U18 ? Il y a peu de chances. « J’ai fait une pige pour remplacer Fred Dusart mais je me plais bien dans mon rôle actuel, avec un peu de recul sur les équipes nationales. Je ne cherche pas forcément à coacher, je l’ai fait avec plaisir et je remercie les filles d’avoir été top. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de continuer, je n’ai pas absolument besoin de cette place, ce n’est pas une fin en soi de continuer », conclut Laurent François.
Le fléau des réseaux sociaux
Conclure l’interview ? Pas complètement, Laurent François nous demande s’il peut ajouter encore quelque chose. « J’ai une remarque à faire, pas personnelle car moi j’ai 50 ans et je m’en fous. Mais c’est dur pour les filles de voir ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux. Il y a énormément de messages top, mais je sais qu’elles reçoivent aussi des messages négatifs, elles nous l’ont dit directement, et cela les affecte. Moi aussi je suis critique en regardant un match, mais de là à l’écrire, à le partager et à envoyer des messages directement aux joueuses ? C’est dur vis-à-vis d’elles, elles se donnent à fond, qu’elles jouent ou pas. Les gens ne se rendent pas compte des paroles écrites comme ça ». Il y a des supporters mécontents, mais sans doute aussi des parieurs, malheureusement rompus à ces pratiques. » Nous devons prémunir les jeunes de cela et je le dirai dans mon rapport, on va devoir gérer cela. Je n’ai pas grandi avec cela donc je dois intégrer cela dans le processus d’apprentissage, on va devoir leur apprendre à faire un lay-up mais aussi à gérer cela ! ».
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