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Le rêve américain… version belge #1 – Allen Mukeba

Rencontre avec Allen Mukeba, entre expérience en NCAA, vie aux États Unis et rêves de NBA.
Le rêve américain… version belge #1 – Allen Mukeba

Pour les jeunes basketteurs européens, les États-Unis incarnent la terre promise où le rêve de la balle orange prend une autre dimension. Les athlètes belges, eux aussi, sont séduits par ce « rêve américain », attirés par un système qui allie études et sport de haut niveau. BeBasket Belgium vous emmène dans le quotidien de ces joueurs, joueuses et coaches belges partis tenter leur chance outre-Atlantique. Entre espoirs, défis et réalités bien éloignées des idéaux, ils partagent leur vécu et nuancent cette vision idéalisée d’une carrière propulsée vers les sommets.

Quand le basket coule dans vos veines depuis votre plus tendre enfance et que vous croyez dur comme fer en votre potentiel, les compétitions belges semblent parfois vous imposer leurs limites. Les structures professionnelles restent rares, la concurrence est limitée tant les meilleures équipes survolent leurs adversaires, et le chemin est long pour se faire une place en première division, un bon tremplin certes, mais les exemples belges ayant atteint les sommets après ce passage restent rares.

Alors que certains jettent leur dévolu sur les centres de formation français, d’autres lorgnent vers l’Oncle Sam. Les États-Unis, c’est la promesse d’une culture basket qui transpire jusque dans les gradins, des salles bondées qui vibrent aux couleurs de leur école, et un système éducatif où le sport n’est pas qu’une option. C’est l’espoir d’une bourse qui ouvre grand les portes du rêve, et pourquoi pas, celles de la NBA.

 

Allen Mukeba, du Hainaut aux USA

Allen Mukeba, formé à Fleurus jusqu’en U16, a ensuite évolué dans deux structures reconnues : Ostende et le Spirou Charleroi. Il a également porté la vareuse de l’équipe nationale U18, avant de prendre la direction des États-Unis il y a quatre ans. Il débute à Colby Community College (Kansas), un JuCo servant de tremplin pour s’adapter au jeu US et se faire repérer. Depuis trois saisons, il évolue en Division 1 NCAA, au plus haut niveau universitaire. Il lui reste une saison avant de tenter sa chance à la draft NBA. Rencontre.

Rêver des Etats-Unis c’est une chose, attirer le regard des recruteurs en est une autre. Quel a été le processus pour vous ouvrir les portes d’une expérience sur le sol américain ?

L’avenir que me réservait la Belgique en parallèle à des études supérieures ne correspondait pas à mes attentes. Je voulais d’un environnement où tout est mis en place pour me dédier à 100% au basket. Les joueurs européens sont recherchés, mais il faut se dédier au travail, donner la meilleure version de soi-même, dominer dans son propre pays pour attirer le regard des recruteurs. Le meilleur conseil que j’ai à donner, c’est « postez des highlights ». Le recrutement est basé sur des vidéos et avec quelques connexions, on peut être mis en contact avec la bonne personne. C’est ce qui s’est déroulé pour moi.

 

Le choc culturel et sportif

Le « rêve américain » prend forme… puis vient le moment de l’adaptation, et le retour brutal à la réalité. Les JuCo ne feront pas de vous immédiatement un prospect NBA et le style de jeu américain est aux antipodes de ce qui vous a fait gravir les échelons en Belgique. Comment avez-vous vécu vos débuts aux Etats-Unis ?

Les débuts sur les parquets étaient très frustrants. Je voulais apporter ma vision collective, faire la bonne passe comme on me l’avait enseigné en Belgique… et j’ai vite compris que je devais changer de mindset. Sur les niveaux inférieurs comme les JuCo, c’est un basket égoïste. Si tu veux viser haut, tu dois sortir du lot individuellement. Les joueurs aux USA ne sont pas habitués à s’entraîner comme des pros en Belgique, tout est orienté sur les « skills », il y a beaucoup moins de QI basket. Cette mentalité et cette façon de s’entraîner m’ont cependant permis d’augmenter mon pourcentage au tir et mes capacités à créer la différence offensivement en un-contre-un.

Il y a également la vie à côté du basket, sa culture, ses stéréotypes pas toujours rassurants entre insécurité et malbouffe… Comment avez-vous géré tout cela à 18 ans ?

À Kansas Colby, j’étais au milieu de nulle part à trois heures de l’aéroport. Ma vie se résumait au basket et à rester dans ma chambre tant il n’y avait rien d’autre à faire sur place. C’était ma source de motivation, à chaque match je me disais « Je dois sortir de là ». La cuisine est vite devenue mon passe-temps. Trouver des aliments adaptés, en tant que diabétique, est un vrai défi aux États-Unis. Le staff intervenait sur le plan des performances basket avec un kiné qui analysait mes paramètres en match, mais j’ai voulu garder le contrôle sur le plan nutritionnel. Mon expérience à Ostende m’avait rendu indépendant et je suis toujours en contact avec ma diabétologue en Belgique. Sur le plan familial, c’est évidemment très difficile et le décalage horaire n’aide en rien. On ne sait pas rentrer pendant la saison, il est parfois préférable de rester aux Etats-Unis l’été avec des entraîneurs individuels et des infrastructures ouvertes pour continuer à se développer. On compense avec ses coéquipiers, mais il faut faire très attention à la culture américaine qui a des côtés dangereux. Je me suis par exemple retrouvé face à un couple en pleurs, la terreur dans les yeux, car j’étais vêtu involontairement dans un style et une couleur propre à un gang de la région. 

D1 NCAA : blessures et rebonds

Avec 12,7 points de moyenne à 60% aux tirs à Kansas Colby, vous avez ensuite attiré l’intérêt des entraîneurs de D1 et fait un pas de plus vers votre rêve en rejoignant University of Missouri-Kansas City (UMKC). 

Atteindre la D1 était une étape importante, mais rien ne s’est passé comme je l’espérais. J’ai plutôt bien débuté la saison sur les minutes que l’on me donnait jusqu’à un match où ma réussite aux tirs était moindre. Le coach a immédiatement changé mon rôle, ne m’a plus autorisé à tirer en dehors de la raquette et a réduit mon temps de jeu. Je me suis ensuite fracturé le 5e métatarse, une blessure grave pour un basketteur. J’ai alors préféré revenir en Belgique pour obtenir le meilleur suivi médical possible pendant 7 mois. D’autres équipes m’avaient dans le collimateur sur le peu que j’avais pu montrer, mais je n’étais physiquement pas prêt à jouer au niveau attendu. J’ai effectué une deuxième saison à UMKC et j’ai gardé la foi.

Chaque décision peut impacter la suite de votre parcours et jouer dans l’ombre d’une vedette d’une université remarquable n’est pas toujours la meilleure option. Comment s’est passé votre saison à l’Université d’Oakland cette année ?

Je suis accompagné dans mes prises de décision, surtout dans la compréhension du système administratif. Cette saison, je me suis imposé comme titulaire en D1 (14,1 points, 7,4 rebonds, 7 doubles-doubles et 2,2 passes décisives par match) et je me sens capable de faire encore mieux. Nous avons terminé 6e de conférence puis éliminé d’un rien en demi-finale de conférence, manquant donc la March Madness. j’ai assisté à mon premier match NBA et j’ai pu disputer des rencontres amicales contre des équipes du Michigan sur le parquet des Pistons. C’était une magnifique expérience. J’ai développé mes contacts ici aux Etats-Unis afin de mettre tout en oeuvre pour atteindre mon rêve.

Toumani Camara et Ajay Mitchell sont-ils devenus des modèles et des raisons de croire d’autant plus que tout est possible pour un basketteur belge ?

C’est évidemment une source d’espoir supplémentaire, mais il ne faut pas se méprendre : ils ont un niveau de jeu incroyable et ont fait énormément de sacrifices pour en arriver là. Ajay a un talent inné et Toumani évoluait dans une des meilleurs universités depuis longtemps. Je sais que je suis capable de suivre leurs traces, mon ambition reste inchangée. J’espère participer à des NBA work-out cette été pour avoir des feedbacks des scouts et travailler autant que possible la saison prochaine. Même si je ne viens pas à être drafté, je ne baisserai pas les bras. Il y a suffisamment d’exemples de talents qui n’ont pas été draftés, sont passés par la G-League ou une saison remarquable en Australie par exemple pour obtenir ensuite un contrat dans une franchise. Mon objectif pour la saison prochaine est de participer à la March Madness, ça reste une vitrine incroyable.

Il vous reste une saison pour vous développer et vous faire remarquer par les scouts NBA. Elle se passera du côté d’Arizona State Sun Devils. Qu’est-ce qui a impacté votre décision ?

Deux personnes m’ont fait prendre de la confiance en moi aux Etats-Unis. Coach Calipari de Arkansas est le premier : après la rencontre contre son équipe il m’a félicité et a ajouté « On ne pouvait pas t’arrêter ». Le second est coach (Bobby) Hurley qui a analysé tous les aspects de mon jeu et m’a montré ce que je pouvais atteindre. J’ai décidé de jouer sous ses commandes. C’est l’homme qui a fait de Duke ce que Duke est aujourd’hui.

 

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