Les Belgian Cats signent un cinq sur cinq magistral à Wuhan et s’envolent vers Berlin
Un sans-faute impressionnant
Cinq matchs, cinq victoires. Les joueuses de Mike Thibault ont balayé successivement le Brésil (99-70), la Chine (80-65), le Mali (81-50), le Soudan du Sud (102-64) et la République tchèque (93-50). L’écart moyen de plus de 30 points par rencontre témoigne d’une domination sans partage face à des adversaires pourtant classés dans les dix-huit meilleures nations mondiales pour certaines.
La victoire finale face aux Tchèques, conclue sur un différentiel de 43 points — le meilleur du tournoi pour la Belgique — résume parfaitement l’état d’esprit d’une équipe qui n’a jamais levé le pied, même lorsque la qualification était déjà acquise.
Déjà qualifiées, mais jamais en roue libre
Paradoxe de ce tournoi : les Belgian Cats n’avaient techniquement rien à prouver à Wuhan. En tant que doubles championnes d’Europe en titre, elles étaient directement qualifiées pour la Coupe du monde de Berlin (4-13 septembre 2026) avant même d’entrer sur le parquet chinois.
Pourtant, le staff belge a abordé cette compétition avec le plus grand sérieux. Comme l’expliquait le manager Sven Van Camp avant le tournoi : l’enjeu n’était pas de décrocher un billet déjà en poche, mais d’améliorer le classement mondial FIBA — désormais calculé selon un nouveau système de points — afin d’obtenir un tirage au sort favorable pour les poules du Mondial. Ce tirage aura lieu le 21 avril à Berlin.
« On est ici pour gagner, même si le but n’est évidemment pas d’épuiser les joueuses », avait résumé Van Camp.
Le parcours parfait des Cats a d’ailleurs généré un vrai engouement sur les plateformes de paris sportifs en Belgique, comme ici, où les cotes sur le basket féminin ont attiré un nombre record de parieurs durant le tournoi de Wuhan.
Des individualités étincelantes
Face à la Chine (4e mondiale), Antonia Delaere a inscrit 27 points — dont sept paniers à trois points sur dix tentatives — un record personnel en sélection. Julie Vanloo et Julie Allemand ont chacune distribué 7 assistances, tandis qu’Emma Meesseman a rappelé pourquoi elle reste la meilleure basketteuse de l’histoire belge.
Contre le Soudan du Sud, c’est Julie Allemand qui a brillé d’une autre manière : 8 interceptions dans un match disputé le soir de sa 100e sélection internationale — un symbole fort pour la meneuse de 29 ans.
En fin de tournoi, elle a été récompensée par le titre de MVP, avec Emma Meesseman intégrée dans le cinq de la compétition.
Une aventure logistique hors du commun
Ce tournoi aura aussi été un défi hors parquet. Sans rassemblement préparatoire en Belgique, les joueuses ont convergé vers Wuhan depuis les quatre coins du globe, directement depuis leurs clubs respectifs. Bethy Mununga, qui évolue en Israël, a dû effectuer près de six heures de taxi jusqu’en Égypte pour trouver un vol — l’espace aérien israélien étant fermé en raison du conflit en Iran.
Deux jeunes talents ont également fait partie de l’aventure : l’arrière de Braine Alicia Courthiau (20 ans) et l’intérieure de Malines Laura Vilcinskas (17 ans), convoquée comme treizième joueuse. Un signe que l’avenir des Cats s’annonce radieux au-delà de la génération dorée actuelle.
Cap sur Berlin
À six mois du Mondial berlinois, la machine belge tourne à plein régime. Les Cats débarqueront en Allemagne auréolées de leur titre européen, d’un tournoi qualificatif parfait et d’une confiance collective intacte.
Reste une inconnue : la disponibilité de certaines joueuses engagées en WNBA cet été, qui ne rejoindront le groupe que tardivement avant la compétition. Une contrainte connue du staff, qui n’entame en rien l’optimisme ambiant autour de cette sélection qui rêve, légitimement, de conquérir le monde.

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