Nikkel Kebsi : « Mon rêve ? Pouvoir amener Toumani Camara et Ajay Mitchell en équipe nationale »

Nikkel Kebsi souhaite construire de bonnes relations avec l’écosystème du basket belge
C’est par un communiqué de presse de la fédération nationale que l’information est tombée : Nikkel Kebsi a été désigné comme « Player Relations & Support Manager » des Belgian Lions. L’ancien dirigeant du Brussels et consultant pour Anvers, entre autres, nous a accordé sa première interview depuis sa prise de fonction.
Nikkel Kebsi, vous avez été choisi comme « Player Relations & Support Manager » pour l’équipe nationale. Est-ce que c’est un terme vague pour ne pas dire « manager sportif » ?
D’abord, manager sportif est aussi un terme vague. En fonction d’un club, un manager n’a pas le même rôle. Ici, c’est bien de préciser les choses. Je n’ai pas la vocation à vouloir parler stratégie avec les coachs, à créer un plan de formation entre les jeunes et les Belgian Lions. Ce sont des tâches pour lesquelles je ne suis pas bon, je connais mes forces et mes faiblesses.
J’ai lu d’ailleurs dans la presse que je « remplaçais Jacques Stas à la tête des Lions« , ce n’est pas vrai. Le job de Jacques Stas a été divisé en deux parties, et j’en reprends une. Pour revenir à mes propres fonctions, je vais être en contact avec l’ensemble de l’écosystème du basket belge : coachs, joueurs, staff au sens large, je vais être au milieu de tout le monde.
« Une de mes missions principales, c’est d’avoir l’équipe la plus compétitive possible sur papier, mais aussi de créer une culture des Belgian Lions »
Nikkel Kebsi,
Player Relations & Support Manager des Belgian Lions
En quoi consistera votre job ?
Une de mes missions principales, c’est d’avoir l’équipe la plus compétitive possible sur papier, mais aussi de créer une culture des Belgian Lions. Que tout le monde se sente partie intégrante du projet. Beaucoup veulent venir mais il y a peu d’élus : 12 noms sur la feuille. Comment garder tout le monde impliqué ? Quand certains viendront sur une fenêtre internationale et pas sur la prochaine, en fonction de l’adversaire.
Il faut aussi d’excellentes relations avec les différents clubs. Il y a l’agenda des Belgian Lions, mais il y a aussi celui de clubs ambitieux et cela ne coïncide pas toujours. Je me mets à la place d’un dirigeant de club, ce que j’ai été au Brussels, j’ai la casquette en équipe nationale aujourd’hui et je peux aussi comprendre la position des coachs, mon père l’a été dans les années 90. Je peux comprendre les différents points de vue et angles grâce à ce parcours.
Vous dites que tout le monde veut bien venir, mais ce n’est pas l’impression qui est ressortie de la dernière fenêtre internationale…
Il y a eu beaucoup de changements au sein des Lions. Ces changements ont créé de l’attente de certaines personnes, sur la perception de ceux-ci. Je me rends compte en tout cas, des contacts informels que j’ai eus ces dernières semaines et les formels depuis quelques heures, notamment avec le coach Julien Mahé, que l’aventure humaine du groupe au sens large a été vraiment bonne. Et que l’équipe et les membres ont passé de très bons moments en dehors du terrain. Le retour que j’ai, c’est qu’un truc est en train de se créer avec les gens qui sont là.
Quand on parle d’équipe compétitive pour les Belgian Lions, on pense forcément à Toumani Camara et à Ajay Mitchell…
Evidemment que mon rêve est de pouvoir amener Toumani Camara et Ajay Mitchell en équipe nationale. J’ai pris mes fonctions il y a quelques heures, avec un gros événement à l’ING Arena de mon côté, et je n’ai pas encore pris contact avec eux. Je connais bien David Putterie, l’agent de Toumani, on a un entourage qui est très commun. Il m’a envoyé un message pour me féliciter de ma prise de fonctions et on a prévu de discuter ensemble cette semaine. Pour Ajay, je n’ai pas encore eu de contact direct, mais j’en ai eu avec OKC. J’avais par exemple aidé un scout du Thunder quand ils envisageaient de drafter Ajay Mitchell. Il était venu en Belgique et je l’avais aidé à rencontrer des gens qui avaient connu le Liégeois, de près ou de loin.
Il y a beaucoup de choses à préparer en amont pour leur venue. Et je veux d’abord connaitre le cahier des charges. Il y a toutes des guidelines de la NBA à respecter, mais avant cela, il y aussi le côté humain. Il faut qu’on se parle, qu’on puisse échanger. Les Belgian Lions, c’est une aventure humaine : on doit construire des relations et comprendre aussi la place des joueurs.
Je suis très content car de manière générale, la fédération a alloué un budget voyage pour aller rendre visite à des joueurs qui font ou pourraient faire partie du groupe. Je pense à Retin Obasohan ou Manu Lecomte par exemple, mais aussi un Stephan Swenson qui n’a pu être présent à la dernière fenêtre ou toute une série de talents qui sont en NCAA : Thijs De Ridder, Matthew Hodge, qui cartonne en ce moment, Noah Meeusen, Sean Pouedet…
Il y a des choses à « réparer » dans ces relations entre les joueurs et l’équipe nationale ?
Je ne sais pas. C’est un nouveau groupe et un nouveau staff au sein des Belgian Lions. Moi je viens d’arriver, je ne peux pas parler de réparer des choses quand un groupe est nouveau. Mais c’est maintenant qu’on doit construire de bonnes bases pour le futur. J’organise Batibouw dans deux semaines dans le cadre d’autres fonctions : quand tu construis ta maison, si tu triches sur les fondations, tout va pourrir. Tous ensemble, on doit construire quelque chose de spécial.
La transition est toute trouvée. Avec votre poste de COO que vous conservez, comment allez-vous combiner les deux emplois ?
C’est tout à fait combinable.. Quand on prend l’écosystème basket, ce sont beaucoup de coups de téléphone, de rencontres et de diners avec les gens. Les matchs sont souvent le weekend aussi, et le soir. Je rappelle que si on prend l’exemple des clubs, beaucoup de dirigeants ont une autre activité et les coachs préparent et dirigent leurs entrainements en journée. Les contacts se font après les heures de bureau, c’est plutôt un job de fin de journée et de weekends. Et oui, mes congés sont déjà prévus pour les fenêtres internationales et les déplacements en Finlande et en Hongrie.
Quelle sera votre première mission ?
J’ai reçu énormément de messages du staff et des joueurs pour me féliciter de mon arrivée. Je connais déjà quasi tout le monde grâce à mon expérience, mon parcours et mon réseau. Les messages de félicitations m’ont fait plaisir et je vais déjà en profiter pour discuter avec toute une série d’entre eux.
Il est prévu que je mange cette semaine avec le coach, on va un peu discuter de l’équipe nationale, on va voir ensemble quelle est la meilleure équipe à mettre sur le papier, connaissant les agendas de tout le monde. On ne va pas se leurrer, on ne va pas avoir les joueurs NBA ni NCAA pour cette fenêtre. C’est déjà dans un mois, le but sera d’avoir un contact avec tout le monde. Je n’aurai pas le temps de voir tout le monde, mais mon téléphone va brûler.
« Notre basket belge a besoin de plus de visibilité et les Belgian Lions doivent en être le porte-drapeau, à l’image des Belgian Cats »
Nikkel KebsiPlayer Relations & Support Manager des Belgian Lions
Vous allez discuter avec le coach sur l’équipe ? Vous aurez un avis sportif ?
J’ai entière confiance au coaching staff et ils n’ont pas besoin d’un avis supplémentaire. Moi j’ai vocation à pouvoir faire en sorte qu’ils aient l’équipe qu’ils veulent pour la fenêtre internationale. Des joueurs ont parfois des petits bobos, ils ont des choses privées, il faut essayer de comprendre la situation. Il ne suffit pas d’envoyer un message en disant « je t’attends de telle date à telle date », il faut aussi avoir de la compréhension et de la souplesse parfois.
Quels sont vos objectifs dans cette fonction ?
A court terme, pouvoir discuter avec un maximum de monde. A moyen terme, pouvoir se qualifier pour la Coupe du Monde au Qatar. Et si j’ai un objectif de manière générale, c’est de laisser une empreinte indélébile, et positive, auprès des Belgian Lions, et de créer une espèce de culture autour des Lions.
Vous avez un message à partager à l’écosystème du basket belge, des joueurs en passant par les fans ?
D’abord, je veux aussi dire que c’est une super grande fierté de représenter mon pays. Je remarque dans tous les échanges que j’ai qu’il y a quelque chose qui se crée. J’ai envie de construire quelque chose de spécial avec l’écosystème du basket belge : clubs, joueurs, agents… mais aussi les fans. J’invite tout le monde à se fédérer autour de notre équipe nationale. C’est tout ce qu’on peut souhaiter. Notre basket belge a besoin de plus de visibilité et les Belgian Lions doivent en être le porte-drapeau, à l’image des Belgian Cats.
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