Yves Defraigne de retour « dans son club de coeur »: « c’était important pour moi de donner en retour à Mons »

Parfois, les histoires sont écrites à l’avance. Après avoir joué pendant cinq ans à Mons et ensuite y être passé à deux reprises pendant cinq ans en tant que coach, il était écrit qu’Yves Defraigne reviendrait chez les Renards. Mais cette fois-ci, ce n’est plus en tant que T1 mais avec une autre mission, peut-être encore plus importante: celle d’épauler Frank Demeulemeester, son « poulain », dans ses premiers pas en tant que coach principal des Renards.
Cela fait quelques années que l’on n’avait plus entendu parler de vous en Belgique.
« Depuis trois ans, j’étais coach au Luxembourg (T71 Dudelange). Cela s’est très bien passé mais c’était complètement différent du championnat belge dans le sens où nous travaillons avec 3-4 joueurs pros alors que les autres sont des semi-pros. Ca m’a donné une autre vision du basket également car les intérêts de tous les joueurs n’étaient pas les mêmes. On a eu de bons résultats et mon idée n’était pas de partir en fin de saison passée. »
Pourquoi le club a-t-il décidé de se séparer de vous malgré de bons résultats?
« Pour des raisons financières. Ils ont fait revenir un coach connu de là-bas mais qui est semi-pro. Mon idée était de continuer au Luxembourg et de bâtir quelque chose. Mais comme souvent, les problèmes sont d’ordre financiers dans le monde du basket. »
« J’avais une offre intéressante à l’étranger, en Roumanie, mais je n’avais pas envie de devoir mettre ma famille de côté. »
Yves Defraigne
Avant d’opter pour Mons, vous aviez d’autres opportunités?
« Oui, j’en avais d’ailleurs une très belle à l’étranger, mais c’était un peu loin, en Roumanie. Le projet était très intéressant mais j’aurais dû mettre ma famille de côté. J’aurai bientôt quatre petits-enfants et je ne voulais pas mettre cela de côté. Je voulais avoir l’occasion de passer du bon temps en famille et je ne me voyais pas me priver de ça. »
Vous voilà donc de retour à Mons. Comment s’est opéré cette signature?
« Comme je n’avais rien au niveau basket, j’ai eu une discussion avec Frank et je lui ai dit que j’étais intéressé pour l’assister. Visiblement, je l’ai plus convaincu que les autres candidats. Pour moi, c’était une belle opportunité de pouvoir revenir dans mon club de coeur et de lui rendre un peu de tout ce qu’il m’a donné, notamment en m’offrant ma chance d’être coach principal à 34 ans! »
« Certains coachs font ce métier pour être dans la lumière. Moi, ce qui m’intéresse, c’est d’être au bord du terrain, peu importe ma fonction. »
Yves Defraigne
Et puis, vous avez une relation particulière avec Frank Demeulemeester.
« Oui, c’est un peu mon poulain. J’ai travaillé pendant 13 ans avec lui quand il était mon assiste justement. Être aujourd’hui capable de l’aider dans le lancement de sa carrière en tant que head-coach, cela m’a séduit. »
Assistant, c’est une nouvelle fonction pour vous. Comment vous l’appréhendez?
« Honnêtement, je trouve que beaucoup de coachs font ce métier pour simplement être dans la lumière. Personnellement, je n’ai jamais ressenti cela. Je le fais pour l’amour du jeu et la passion. Tout ce qui m’intéresse, c’est d’être au bord d’un terrain. Pour moi, le plus important, c’est d’être sur le terrain, pas d’être le coach principal. »
Vous avez discuté avec Frank. Qu’est-ce qu’il attend de vous?
« Que je l’aide mais il faut savoir que c’est quelqu’un avec beaucoup de compétences et de qualités. A mes yeux, il a autant de connaissances que les autres coachs de D1. Mon rôle va être de le conforter dans ses idées et dans ce qu’il veut faire. Je vais travailler individuellement avec les joueurs mais selon la philosophie de jeu prônée par Frank. De toute manière, on se connaît parfaitement et on est sur la même longueur d’ondes. »
« Le niveau du championnat a baissé mais le gros problème en Belgique, c’est le manque de visibilité. On a besoin des médias. »
Yves Defraigne
Le système du championnat en Belgique a changé avec l’arrivée de la BNXT League. Vous avez un peu suivi cela? Qu’en pensez-vous?
« Je trouve que le niveau du championnat est bien descendu ces dernières années. Malgré cela, on retrouve des clubs comme Limburg United ou Courtrai qui travaillent bien et avec des jeunes. Après, la cause de ce problème de niveau est le même partout: l’argent. Concernant la fusion avec les Pays-Bas, je dirais que c’était la seule manière d’avoir un championnat un peu plus étoffé. Ce qui est certain par contre: c’est qu’il y a manque de visiblité. Les médias ne sont pas assez présent. Une finale de coupe de Belgique entre Louvain et Ostende, il n’y a pas une ligne dans les journaux francophones. Pour survivre, le basket a besoin de visibilité et donc des médias. »
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